Où vont les antibiotiques une fois utilisés?
Il y a quelques années, j'ai commencé à poser une question que personne autour de moi ne semblait se poser, parce que c’était le sujet d’un de mes devoirs à l’université.
Ce n’était pas "est-ce que les antibiotiques fonctionnent ?" Mais : où vont-ils, après ?
La réponse m'a arrêtée net.
Ils ne disparaissent pas. Ils s'excrètent, traversent les stations d'épuration, rejoignent les rivières, s'accumulent dans les sols, remontent dans les cultures.
On les a retrouvés dans les PM2.5 de Pékin. On a mesuré de la ciprofloxacine à 31 000 µg/L dans des effluents industriels en Inde — un niveau suffisant pour créer des conditions d'évolution accélérée de la résistance bactérienne.
Et voici ce qui change tout : les concentrations les plus dangereuses ne sont pas forcément les plus élevées.
Des seuils infiniment bas — 0,023 µg/L pour la ciprofloxacine — suffisent à exercer une pression évolutive sur les bactéries. À les pousser à muter. À résister.
Ce n'est plus seulement une crise infectieuse. C'est une crise de terrain. Une crise systémique.
Les bactéries ne lisent pas les frontières réglementaires. Elles s'adaptent, transfèrent leurs gènes de résistance, colonisent des milieux que nous pensions neutres.
Et pendant ce temps, nous cherchons des solutions, mais certainement pas avec des huiles essentielles, ni des approches intégratives.
Si aujourd’hui des études étaient organisées autour des huiles essentielles, ce serait sans doute sans la rigueur scientifique qu'elles méritent. Des études sans nom botanique, sans analyse des constituants, sans effets indésirables rapportés. Des preuves que les revues systématiques ne peuvent pas évaluer.
C'est pour ça que j'ai fondé l'Antimicrobial Resilience Network mais c’est aussi pour cela que vous, utilisatrices d’huiles essentielles, devez montrer ce qu’est une utilisation fiable de ces huiles et pratiquer la prévention grâce à elles.
Parce que la résistance aux antimicrobiens n'est pas qu'un problème microbiologique. C'est un problème de systèmes — industriels, agricoles, environnementaux, éducatifs.
Et les solutions devront l'être aussi.
La santé humaine et la santé environnementale n'ont jamais été deux systèmes séparés. Nous commençons seulement à en mesurer le coût. Vous avez les moyens d’apprendre à utiliser le moins possible d’antibiotiques, alors faites-le!
Si vous avez des doutes, profitez des multiples moyens d’apprendre ici.
Si vous aimez l’idée d’agir de n’importe où, sur n’importe qui, c’est aussi tout à fait possible.