Les cyanobactéries : ce qu'un pigment bleu se souvient
Aujourd’hui j’ai lu un article de Sayer Ji qui parle de phycocyanine.
Qu’est-ce que c’est?
La phycocyanine est le pigment bleu qui donne sa couleur à la spiruline. Elle a été étudiée dans le cadre de 82 conditions de santé différentes. Mais Sayer Ji, soutient que son efficacité ne s'explique pas par un mécanisme pharmaceutique — elle s'explique par un lien évolutif profond.
Il y a environ 1,5 à 2 milliards d'années, une cellule archaïque ancestrale a englouti une cyanobactérie. Au lieu de la digérer, les deux organismes ont formé une alliance : la cyanobactérie échangeait sa capacité de production d'énergie contre un abri et une nutrition. Ce partenariat est devenu la cellule eucaryote — dont nous sommes les descendants.
Autrement dit : vos mitochondries ne sont pas "originellement humaines". Elles sont, dans le sens le plus profond, des cyanobactéries intégrées. C’est énorme!!! Mais ce qui l’est encore plus c’est que la phycocyanine (C-PC) est une molécule de capture de lumière : sa fonction dans les cyanobactéries est de capter des photons et d'en canaliser l'énergie dans la chaîne de transport des électrons — la même chaîne qui existe dans vos mitochondries, aujourd'hui alimentée par l'oxygène plutôt que par la lumière, mais descendant du même appareil ancestral.
Bref, lorsque vous consommez de la phycocyanine, vous n'introduisez donc pas un agent étranger — vous réintroduisez une molécule dont le "langage chimique" vos cellules lisent depuis deux milliards d'années.
Ce que dit la science : 82 conditions, 107 études
Les actions les mieux documentées sont l'activité anti-inflammatoire et antioxydante. Mais la liste est vaste :
Neurologie : inhibition des agrégats d'alpha-synucléine (Parkinson) et d'amyloïde-bêta (Alzheimer)
Oncologie : action documentée sur de nombreux cancers (côlon, sein, cerveau, pancréas…)
Cardio-métabolique : diabète, NAFLD, obésité, syndrome métabolique
Protection hépatique et rénale, y compris contre certains poisons
Microbiome intestinal : une partie des effets passe par l'axe intestin-cerveau
Les cyanobactéries ont oxygéné l'atmosphère terrestre, rendant possible la vie aérobie complexe. Les vertébrés ont évolué dans des milieux aquatiques où les cyanobactéries constituaient la base de la chaîne alimentaire.
Nous sommes dans la même situation qu’avec les huiles essentielles : ce qui est étudié aujourd’hui est en grande partie ce qui peut être breveté. Or, que ce soit une huile essentielle ou un pigment protéique dérivé d'une cyanobactérie consommée par les ancêtres humains depuis toujours c'est, par définition, non-brevetable — ce qui place les unes et l’autre hors de la zone d'intérêt pharmaceutique sérieux.
Et pourtant…nous en avons besoin…tous les jours.